27 février 2006

La projection

"Totale Remembrance" existe. Presque. Une tâche reste à accomplir, un dernier pas. Mais, comme vous le dira le célèbre professeur Jones, "c'est souvent à ce moment là que le sol se dérobe ". Bien dit, professeur. Car si le PC du réal a pu soutenir sans défaillir la post production du film, il ne va pas en aller autant de cette ultime étape que l'on nomme "le rendu". Car oui, pour créer un fichier visionnable à partir de votre logiciel favori, le film doit encore être exporté de Adobe Première vers un fichier unique comprenant tous les morceaux de film soudés les uns aux autres. C'est gai, le réal n'a théoriquement plus rien à faire et le temps demandé pour l'opération est d'environs une demi-heure.

Pour dix minutes de film. Quand ça marche.

Quand ça marche pas (parce que le PC plante, parce que le son merde), ça peut prendre facile 48 heures. Voir plus si vous prenez le temps de dormir.

Bref, d'une manière ou d'une autre, en ce qui nous concerne, c'est un peu short.

Surtout que ça va pas marcher.

Première étape du désastre: Nous sommes Jeudi après midi. Antoine Lint, à la demande du réal, fixe une barrette de RAM supplémentaire dans la tour du PC de montage. L'opération se déroule chez le réal, et échoue. Consternation. Après de nouveaux essais, toujours aussi peu fructueux, la folle équipée décide d'amener le PC chez Antoine, endroit béni où, sans rien faire de plus, la barrette accepte de fonctionner. L'aprèm touche à sa fin, et, par peur de voir le PC se planter sous le poids de la tâche, Christophe préfère exporter le film en deux fichiers, qu'il unira dans le logiciel de projection. L'exportation est lancée, le travail commence. Christophe, Antoine et Sandra se réjouissent.

Deux heures plus tard, le PC plante. Le réal est envahi d'une sensation de lassitude peu commune. Il n'a pas encore récupéré des dernières journées de travail, et le ras-le-bol guette, d'autant qu'il est le seul à savoir utiliser Adobe Première. Secondé par un Antoine Lint qui ne le quittera pas et cherchera à ses côtés, sur le web, une solution pour résoudre le problème, Chris perd toute notion de la réalité alors qu'il multiplie les expériences, sachant pertinemment qu'une fois passé le cap du vendredi matin, toute tentative de rendu échouera faute de temps nécessaire. L'annonce du problème file une trouille d'enfer au Mefamo Team. Tout ça... Pour ça !

Nous sommes vendredi. Au terme d'une nuit agitée au sommeil court (quatre heures, encore une fois), Christophe pense percer le problème, mais le résultat s'avère catastrophique. L'heure tourne, les essais plantent, le réal tente diverses formules de compression qui échouent toutes, et le temps passe si vite que la nuit tombe déjà. Mike, Raphael Vanherten, Nic, Sandra et Gaet commencent à l'avoir mauvaise. Samedi est presque arrivé, et Chris tente le tout pour le tout: exporter le film par séquences de 10 minutes, avec vérification expresse à chaque étape, ce qui nécessite son éveil quasi permanent.   

Samedi. L'équipe prépare la projection. Sandra, au téléphone avec des amies de classe, se laisse parfois aller à la panique. "C'est la cata, on a pas de film...". d'autant que pas mal de sections compressées plantent et doivent être relancées. Le réal a dormi trois heures cette nuit là, grâce au support bienveillant de Sandra, Antoine, et Delphine, sa chère et tendre. Du côté de la salle de projection, l'échéance arrive à son terme. les 3/4 du film sont exportés, mais le retard est inévitable.

A 20 heures, les coups de téléphone ne cessent de pleuvoir. Sandra est partie rejoindre le staff pour acceuillir  les spectateurs, mais ceux-ci s'impatientent déjà. A 20h15, Chris annonce que le film est prêt. Benoit Dachy débarque chez Antoine en catastrophe, le PC est embarqué pour servir de base à la projection, et c'est à 20h30, heure présumée du début du film, que le staff arrive. Chris branche les cables, et constate, atterré, que le son est en de nombreux endroits complètement inaudible, à la fois à cause d'un équipement sonore peu performant, mais surtout de la compression foirée de la piste audio. Les spectateurs deviennent nerveux, tout le monde est sur le point de perdre la boule, lançant des propositions à tout va et, finallement, il est décidé de jouer le tout pour le tout. Le film sera directement projeté de la fenêtre d'Adobe Première, aggrandie au maximum. Chris craint que le film ne rame à mort, et sait qu'il devra se tenir au côté du PC pour relancer le défilement en cas de saccades trop répétées. Mike et Chris, à bout de nerf, filent récupérer les cables nécessaires à l'opération (qui ne sont bien évidemment pas dispo sur place) et reviennent à toute vitesse. Pendant ce temps, la fenêtre Adobe aura été reconfigurée en noir, afin de choquer un minimum et, à presque 21 heure, l'installation est prête, même si l'accoustique de la salle n'est définitivement pas bonne. Epuisé au point d'en oublier le trac, Christophe introduit le film d'un petit discours, puis va s'installer après de son ordinateur, priant pour que plus rien n'échoue, cette fois. L'anxiété parcourt l'entiéreté du staff lorsque les premières secondes défilent et le réal, au vu des premières images, perd toute confiance en son projet, ultra-perméable aux défauts du film. Le prologue se poursuit, le métrage défile correctement, et là, soudain, à l'apparition triomphale de Raphaele Brantano régnant sur le centre ville, la salle applaudit et hurle avec une vigueur surprenante avant de partir dans une série d'éclats de rire qui atteindront leur apogée lors du clip des SR Boyz, des pannes de Savaetta Fett et surtout de l'apparition de Randolph. Préoccupé par le défilement du film, Chris reste tendu, pendant que toute l'équipe pousse un immense soupir de soulagement se perdant dans la vague de rire qui secoue la salle.

Le film ne plantera pas durant le projection. Le son est mauvais, mais le public participe, complice, au délire Mefamique, avant d'applaudir à tue tête dès que disparait le dernier "Grognasse !" de Randolph. La Mefamo Team se retrouve face au meilleur jury qui soit, et se voit honorer d'une standing ovation, juste récompense en regard des dernières - et infernales - 48 heures. Quelques heures plus tard, une partie de la bande termine la soirée chez Mike, une coupe de Champagne gracieusement offerte par Shab Ze Man aux lèvres.

La production de "Totale Remembrance" vient de s'achever.

PS: Deux jours plus tard, le réal découvrira, un drôle de sourire aux lèvres, que s'il s'était contenté d'exporter le film sans rien faire pour éviter le plantage, "Totale Remembrance" aurait été completement rendu le vendredi soir. Le problème n'était pas du au matériel, mais au logiciel qui ne parvenait pas à soutenir trop de paramètres. Maintenant, le réal à plein de bouquins sur la compression. Car non, plus jamais ce genre de connerie... ;-)

Posté par chrismavrou à 17:25 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur La projection

    Ca a été deux jours remplis de coups de fil de Sandra alias Sarah : "On a pas le film, ça va pas aller!" Mais quel bonheur quand j'ai vu le film : excellent!

    Posté par Coptrollette Dbo, 10 mars 2006 à 10:08 | | Répondre
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